A la découverte du Tai Chi

en centre de détention

Art interne aux propriétés mystérieuses et fascinantes, le Tai-Ji-Quan, qui se prononce Tai-Chi-Chuan en français, représente l'école de la patience par excellence et nous donne accès, dans une temporalité ralentie, à une puissante interaction entre un corps et un esprit dont il modifie subtilement la dynamique.

 

Le Tai-Chi-Chuan, littéralement "boxe du faîte suprême" est né, de la rencontre de techniques énergétiques et de combat avec une pensée phylosophique et culture traditionnelle. Son invention est attribuée à un moine taoïste du Mont Wudang vers le 12ème siècle. Initialement enseigné dans le plus grand secret, d'illustres maîtres participent à son développement et à son enseignement dans les écoles d'arts martiaux accessibles au grand public.

 

Au 19ème siècle on dénombre cinq prinicipaux styles. Ce n'est qu'au début des année 1960 que le tai-chi commence à être enseigné en France.

 

Si cette pratique connaît un grand succès en dehors des frontières de la Chine, malgré sa gestuelle hors-norme, c'est qu'elle procure des bénéfices indiscutables pour la santé physique et mentale. Elle conduit en effet peu à peu à un état remarquable d'aisance naturelle, à une profonde régénération psychocorporelle ainsi qu'à une transformation subtile de nos états mentaux et affectifs. Il en résulte une meilleure résistance aux agressions ainsi qu'aux contraintes de la vie quotidienne.

 

On peut raisonnablement avancer l'hypothèse, chez le pratiquant régulier, d'une action thérapeutique de désensibilisation progressive vis-à-vis de certains facteurs de stress. Cette action semble résulter, en particulier, d'un abaissement global du niveau d'anxiété et du seuil de réactivité face aux stimuli stressants. La pratique représente ainsi un parfait antidote à l'agitation et à la fébrilité.

 

Plusieurs phénomènes contribuent directement ou indirectement à cet effet: action sur le souffle, le tonus musculaire mais aussi sur les pensées, les émotions et sur l'amplitude fondamentale du champ du regard.

 

Ces effets dépassent de loin le cadre de la simple relaxation, communément admise par le grand public, qui considère avec une sorte d'amusement indulgent cette pratique d'origine Chinoise, parce qu'elle s'écarte résolument des normes d'une gestuelle habituellement pauvre et étriquée.

 

Le terme"relaxation" acquiert en fait, avec le tai-chi-chuan un sens méconnu et plus puissant que celui de simple relâchement des tensions musculaires et psychiques. Sa pratique persévérante induit en effet une reconquête progressive de nos espaces physiques, corporels, et mentaux.

 

Espaces et temporalité en milieu carcéral

 

Notre histoire collective et individuelle est faite de luttes permanentes pour sauvegarder et accroitre nos espaces physique, corporel, mental et social en dépit des fortes contraintes auxquelles nous sommes soumis en permanence. En effet, les espaces physiques et sociaux se défendent, se colonisent, se conquièrent, car ils conditionnent la liberté d'aller et venir où bon nous semble et même de fuir éventuellement. Même s'il n'est qu'implicite, le concept d'espace reste central dans notre existence, car d'avantage qu'étendue, surface ou volume, il signifie liberté...

 

En milieu carcéral ou la privation d'espace représente justement un élément majeur de la souffrance ressentie par le détenu, plusieurs espaces se trouvent comprimés et altérés, ce sont:

 

                L'espace physique et corporel

 

Les volumes et surfaces sont par définition restreints, la spontanéité du geste et de déplacement est altérée, l'amplitude des mouvements se trouve inconsciemment restreinte par la proximité des parois, tout l'espace n'est donc pas utilisé: c'est le "double effet mur".

 

                 L'espace du regard

 

Le regard, qui porte habituellement les rêves et les rêveries est également tronqué. "L' évasion" intérieure et symbolique par les espaces mentaux s'en trouve ainsi avortée.

 

                L'espace social

 

Du fait de la cohabitation forcée, de la perte d'intimité, et de la surpopulation pénitentiaire, l'espace social se montre particulièrement contraint.

 

               L'espace temps

 

La temporalité subjective en milieu pénitentiaire est altérée par le désoeuvrement, l'ennui, l'impossibilité d'alimenter des projets personnels à court et moyens termes. Le détenu ressent inévitablement des "spasmes de désynchronisation" lors de l'irruption dans le champ de conscience d'un impérieux sentiment d'impatience. L'aptitude à se replacer dans une temporalité ralentie devient donc cruciale pour l'adaptation à la détention, en particulier pour gérer les pulsions suicidaires.

 

                L'espace mental

 

Plus abstrait, ce concept d'espace mental est cependant fondamental pour traduire aussi bien le degré de liberté que nous pouvons acquérir par rapport à nos pensées et nos émotions, que l'étendue du champ et la qualité de nos perceptions mentales. Le développement de ressources psychologiques, phylosophiques et spirituelles permet de régénérer ces espaces subjectifs profondément altérés par la détresse morale.

 

 

 

               Texte de mon ami le Dr Alain Giudice                      

 

 

                                            La pire des prisons est celle d'un coeur fermé.

C.E.M.C 

Jean-Luc BLANCHARD

53, chemin du Barrage 51000 Châlons en Champagne

Tél. 06 63 88 67 75

jean-luc.blanchard@neuf.fr

 ©2020 Centre d'Etude des Médecines ComplémentairesDéveloppé par Servais CM

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now